Dimanche 13 mars 2011 7 13 /03 /Mars /2011 19:47

Se-souvenir-des-belles-choses.LR Ce Mercredi dernier est repassé le film éponyme sur Arte.  J’ai revu cette histoire avec une émotion profonde qui me fit couler un flot de larmes non retenues et d’ailleurs bien impossible à contenir. « Pourquoi t’infliger cela ? » me demanda Pandorryana.

Pour la simple et unique raison que ce film est un très très grand moment d’humanité et d’amour et c'est cela que je suis venu y puiser. Ce film est l'exemple de ce que la fiction peut apporter de mieux quand elle veut dépeindre la réalité des vies ordinaires, celles où tout peut basculer pour cause de maladie et d’accident, le lot statistique de chacun d’entre nous, le lot de ces choses qui n’arrivent pas qu’aux autres et où le matériel n’a pas sa place. Merci Mme Breitman et merci aux acteurs de cette histoire… Certes, nul n’est tenu de regarder ni d’apprécier ce type de cinéma et je le conçois.

Pour ma part j’attends des fictions cinématographiques qu’elles me soient crédibles, qu'elles soient joyeuses, burlesques, anodines, dramatiques, oniriques, fantastiques, policières, historiques ou autres ; l’aune de ma crédibilité est celle de ma culture, de ma pensée, de ma morale et de mes sentiments, combinaison unique comme celle de tout autre. Cette même combinaison personnelle me rend de plus en plus insupportable les séries, découpées en saisons par petits morceaux de 50 minutes où l'on nous sert des pseudo-vies bien formatées par des batteries de psychomachin-choses de la comm mercantile bien pensante qui ciblent les masses laborieuses consentantes à qui ils pourront vendre beaucoup d'à-côtés sonnants et trébuchants...

Les larmes que j’ai versées n’ont pas plombé mon moral, ni assombri mes jours suivants et je n’ai guère eu le sentiment du masochisme dans ma décision de revoir cette histoire. Je reste un ours au cœur tendre quoi qu'il en soit mais le film n'y est pour rien.

Ce film nous le vîmes avec Christine et nous en fûmes fort émus alors, quand nous étions à mi-chemin de sa maladie et que nous avions déjà rencontré les ravages d’Alzheimer. J’avais conservé la mémoire de la force d’amour et de l’humanité des  personnages de cette fiction : vrais, vivants, marqués, fragiles, et non des caricatures bien cirées, à la pseudo-consistance des sentiments et malheurs humains mais desquels je ne vois et perçois que l’artifice formaté du fard télévisuel politiquement correct.

Ce dernier mercredi, ce film a résonné comme autrefois avec le surcroît d'émotion et de compréhension que mes morts récents ont injecté à mon souvenir et qui sont venus en filigrane  me rappeler leurs combats et nos impuissances, et comme je les vécus.

Plus encore qu’à la première vision, j’y ai trouvé la force de l’amour qui toujours et à jamais a porté les disparus et aujourd’hui porte les survivants avec passion, bonheur et douleur, ceux d’être humains, pensants et doués de sentiments. Pandorryana, ce film n’est qu’une autre version du bonheur non seulement passé mais aussi renouvellé et exacerbé ; il appelle le don présent sans retenue, sans crainte du futur, aussi imparfaits et empreints soyons-nous de nos avants. Plus les années passent et plus aussi tu m’en convaincs : à quoi bon craindre maintenant les multiples possibilités du futur si c’est pour guinder le présent et ouvrir la porte au regret des actes manqués.

NB : Le visiteur erratique pourra pénétrer plus avant dans ce blog pour quelques lueurs…

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Par Everes - Publié dans : Lettres à Pandorryana - Communauté : Les chroniques de la meute
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Commentaires

bonjour,

un des plus beaux films que j'ai revu avec beaucoup d'émotion !

merci pour ce partage,

bien @micalement,

Mireille

Commentaire n°1 posté par Mireille du Sablon le 15/03/2011 à 07h54

Merci à vous. Je savais bien que je n'étais pas seul à trouver ce film beau !

Bien à vous

Réponse de Everes le 20/03/2011 à 17h41

Un ptit passage par ici , pour partager ton sentiment sur le cinéma...

Je ne connais pas ce film, mais

Oui oui moi aussi je suis de ceux qui peuvent se passer de séries , de shopping, d iphone euuuuh et même de jolie voiture , quel vieux con je fais hihihi... Mais bon la différence c est ce qui a toujours fait un peu mon identité et qui m a donné une certaine confiance , c est paradoxal... même si ça ne se résume pas dieux merci à me sentir un ours mal adapté !!

Interessé par un documentaire sur l obsolescence programée, par le retour des mélitées des scabieuses (mince où est ce que j ai fouttu mon cailloux macro), ou pouvant passer une soirée dans la salle de bain à photographier des explosions de gouttes d eau dans mon évier , j ai intéret à croiser le plus authentique des regards féminins si je ne veux pas finir seul... hum

Tout ça pour revenir à ce cinéma où ce sont les héros du quotidien qui m interessent et me touchent aussi,  accessibles avec  leurs doutes, leurs angoisses, leur tronche ou leur tranche ... de vie. Seul ceux là arrivent à m émouvoir et à  faire ressortir à la surface quelques émotions laissées sous le vernis verni social (enfin je regarde quand même du coin de l oeil la demoiselle d à côté pour vérifier qu elle n a pas remarqué mes yeux larmoyants hein !!).

Bon et puis finissons avec ce mot de Godard même si c est parfois devenu discutable : " La télévision fabrique de l oubli, le cinéma fabrique des souvenir"...

Bonne soirée Everes

Commentaire n°2 posté par gérard le 17/03/2011 à 22h25

Bjr Gérard

J'aime bien tes commentaires et deviner qui se cache derrière les viseurs et les coeurs des ours(es)...

Que de ressemblances et de différences ; quant aux regards de l'autre... les mots sont plus forts que l'image car derrière l'image seule peut se cacher tout aussi bien la pureté que le sordide et la méchanceté même si elle peut suffire à transporter et fantasmer.

Merci de ta visite et profite de la lumière qui rallonge.

Bien à toi.

Réponse de Everes le 20/03/2011 à 17h48

Présentation

  • Les Lettres d'Everes
  • : Le flux de mots est très fort : 15 ans de cancer et la mort à 45 ans. Christine m'a appris l'amour, l'humanité et la volonté de vivre. Écrire m'a permis de garder un équilibre funambule. Une nouvelle vie sans balancier ni clé ni calendrier : je livre ce que j'avais gardé. J'espère. Pandorryana, une lumière, surgit aussi vive qu'inattendue. Quelques mois et ma vie est révisée de fond en comble. Plus que jamais j'aime la vie.
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