Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 23:08

Féérie Marchande

 

Féérie marchande et rêve de pique-sous
Pour toi et par amour fou
Je fis ce que je m'étais promis de ne jamais faire
A Disneyland aller oui certes mais au moins par le chemin de fer

Je vis ce que je savais et redoutais
Et ce qui me confirma que ce monde n'était pas le mien
Mais fus heureux de voir tes yeux briller
De la magie que ce lieu t'apportait en te tenant la main

Quelles drôles de pensées que les miennes
Quel homme suis-je donc
Qui ne trouve d'intérêt à payer pour du rêve en toc et en stuc
Ni à faire des heures de queue pour sentir
Son estomac sous le menton remonter
Environné de drôles de Mickey
Qui fument comme des pompiers
Au nez et aux poumons de leurs enfants
Dans ce temple de l'artifice outrancier
Où la poésie des contes et des dessins originaux
Est défigurée par les traits grossiers d'un mercantilisme exacerbé

Quel est mon âge ? Celui de mes pensées ?
Où sont mes yeux et mes rêves d'enfant ?
La magie des mondes de dessins animés ?
Les mystères réels tendres et cruels
Des vieilles pierres des maisons et des châteaux polies
Par le travail et les envies des hommes et de leurs chimères
Par les joies et les souffrances des âmes des trépassés
Et par le souffle de leurs amours et de leurs histoires ?

Mais dans tes yeux et sur tes lèvres
Dans ton sourire et sur ta peau
Dans ta chaleur et entre tes bras
Contre tes seins et sous la caresse de ta main
Au son de ta voix et de tes chants

Par les montagnes et les vents
Au bruit d'un feu crépitant
A la chaleur ambrée d'une gorgée de Bonnezeaux
Au fumet d'une viande grillée
Aux rires d'une tablée chaleureuse
Par les campagnes et les torrents et les landes
Mais certainement pas à Disneyland
Ou si peu
Ou je n'ai rien compris
Sinon la beauté réelle
de ce château sous la lumière artificielle
En cette nuit de Sainte-Catherine

Lettre précédente : Seins Lumière et Souvenirs Barbelés

 

PS du 12 décembre : les visiteurs assidus auront noté les variations homophoniques sur le titre au gré de mon humeur puérile, perplexe et tourmentée.

Par Everes - Publié dans : Lettres à Pandorryana - Communauté : ARCHITECTES D'INTERCOEURS
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  • Les Lettres d'Everes
  • : Le flux de mots est très fort : 15 ans de cancer et la mort à 45 ans. Christine m'a appris l'amour, l'humanité et la volonté de vivre. Écrire m'a permis de garder un équilibre funambule. Une nouvelle vie sans balancier ni clé ni calendrier : je livre ce que j'avais gardé. J'espère. Pandorryana, une lumière, surgit aussi vive qu'inattendue. Quelques mois et ma vie est révisée de fond en comble. Plus que jamais j'aime la vie.
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