L’an nouveau est là depuis quelques jours : passage en douceur sur fond de morosité, relents de banqueroute et sons de
fin du monde… L’Euro zéro ; la ceinture serrée ; les partis et les programmes, pourris ou creux ; les parties… fines ! Morale. Rigueur. Raison. Travail. Chômage. Pouvoir…
d’achat, du pacha, du rachat, de Natacha, du crachat… M’enfin ! C’est décousu et pas bien gai tout ça ! Pensez-vous, tout va bien puisqu’il fait doux et qu’il a fait chaud. Rigueurs de
l’hiver que nenni ; rigueur tout court, nous assène-t-on à l’envi, en couleurs, en gris, en leitmotiv lancinant… Occident, argent, lobotomie, Turquie ; il y a sûrement une application pour
tout cela et un iQuelquechose smart (intelligent s’entend), tactile, brillant, doux et payant moyennant un joli crédit pour vous en convaincre et faire de vous un humain moderne et avisé. Amis,
voisins, collègues, parents sont malades, dépressifs, meurent et vieillissent ; enfants naissent et grandissent. C’est la vie : la nôtre, la mienne, la tienne, la leur, celle qu’on nous
chante, celle qu’on nous promet, qui s’offre à nos yeux et à nos oreilles. Bonnet blanc et blanc bonnet.
Tu es repartie. Comme depuis de nombreux mois maintenant, après être venue et après quelques jours. Ton parfum embaume mes nuits et sourd de tissus étreints et partagés. Ton souffle balaie mes
pensées qui tournent lentement dans ma chambre vide où tu as laissé tes traces, ta patte, divers objets, des vêtements et des chaussures, autant de marques, d’indices, de menus trésors chargés de
couleurs, d’odeurs, de soupirs, de tensions, de langueurs et d’érotisme, d’espoir, d’attente, de confiance, de questions, de certitudes piquetées de doutes et d’envies et d’interrogations qui me
murmurent tout bas ou plus fort, le son des encore et des plus fort, les sons qui font que l’on n’est ni froid ni mort, que nous ayons raison ou bien tort, qui savent et demandent le raisonnable
et l’impossible, le simple et l’indicible, le bonheur et la chaleur, la sérénité et la fins des peurs, des courses, des ennuis, du chaos.
La nuit et ses froides lumières pénètrent par la vitre où crépitent, tambourinent et s’écoulent successivement les larmes du ciel. Noël et la fin d’année s’en sont allés. Repos, fatigue, voyage,
rencontres, découvertes, souvenirs, paroles, regards, confidences, interrogations, émotions se sont mêlés et chevauchés au gré de pâles rayons, du givre, du vent, de la chaleur cosy d’un poêle ou
plus terne d’un radiateur, des éclats de voix, des propos péremptoires, des mots plus conventionnels, des discours plats ou empreints de profondeur, de retenue et d’émotion, de pudeur, de
douleurs, des bulles et des flaveurs de vins blancs, paille ou ambrés, de viandes et d’autres mets qui ont accompagné ces moments rituels et en l’occurrence pour moi inédits en ces lieux et
compagnies, près de toi et loin d’ici.
J’apprends : ombre et lumière des familles, décomposées, éclatées, recomposées ; intérieurs et passés, inconnus, dévoilés, recoupés, rapiécés, colorisés ; je suis ébloui et désolé ; je
désole ; je m’isole ; camisole ; farandole ; je flageole. Désabusé ? Cyclothymique ? Terre façonnée à l'ombre des interdits et des sans-objet, émaillée d'isolement et de
dénigrement, cuite au four de l’hors-monde et de l’antisocial, nourrie de lectures, d'évasion mentale, de sciences dures et des mécanismes de la vie, envolée à la lumière des hommes dans le sein
de Christine, aujourd'hui morte d’erreurs de codes, je joue lors l’autruche et poursuis mon apprentissage humain entre tes seins maternels et fascinants, Pandorryana.
Comprenne qui pourra. Interprète qui sait et qui me connaît. Qui vivra etc. dit le verrat. Jeux de mots, jeu de maux, je, deux, Meaux... La course de la Terre a relancé la durée des jours. Le
destin croisa nos voies et nos doigts hier, lie nos vies par bribes et fils invisibles aujourd mains et trace le chemin pour demain. Je t’aime malgré et grâce à tout cela.
Bonne Année à vous qui passez par là !
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